Carburant : quelles aides en 2026 pour les salariés et leurs employeurs ?
Face à la hausse du prix du carburant, deux types d’aide peuvent se cumuler : l’aide de l’État, que chacun demande lui-même, et l’aide que l’entreprise peut verser à ses salariés.
1. L’aide de l’État, à demander soi-même
Elle se demande directement sur impots.gouv.fr, depuis votre espace particulier, à condition de remplir les critères prévus. Vous devrez renseigner :
- votre état civil ;
- votre numéro fiscal ;
- le numéro d’immatriculation de votre véhicule et le numéro de votre carte grise ;
- une attestation sur l’honneur de la distance parcourue.
2. L’aide de l’employeur pour le trajet domicile-travail
L’entreprise peut aussi participer aux frais de trajet de ses salariés. Elle dispose pour cela de trois outils, tous exonérés jusqu’à un certain plafond en 2026.
La prime carburant (indemnité carburant employeur)
C’est le dispositif que le gouvernement vient de renforcer en septembre.
- Montant : libre, mais exonéré de charges sociales et d’impôt sur le revenu jusqu’à 1 000 € par an et par salarié en 2026 (contre 700 € auparavant).
- Pour qui : les salariés obligés de prendre leur voiture pour aller travailler.
- Comment : pas besoin d’accord collectif. Une décision unilatérale de l’employeur (DUE) suffit, avec une mention sur le bulletin de paie.
- Cumul : possible avec la prise en charge de 50 % de l’abonnement de transport en commun.
Le forfait mobilités durables (FMD)
Il concerne les salariés qui viennent travailler en covoiturage, à vélo, en trottinette ou en voiture électrique ou hybride rechargeable.
- Montant : jusqu’à 700 € par an exonérés, ou 800 € en cas de cumul avec la prise en charge de 50 % des transports en commun.
- Justificatifs : une attestation sur l’honneur du salarié.
Le remboursement des frais réels
L’employeur peut rembourser les trajets selon le barème kilométrique, mais seulement si le salarié a opté pour les frais réels dans sa déclaration d’impôts et fournit des justificatifs précis.
En pratique : notre conseil
La solution la plus simple pour l’entreprise :
- Rédiger une DUE d’une page instaurant la prime carburant.
- Verser une prime de 200 à 500 € net sur le bulletin de septembre ou d’octobre, avec un intitulé clair du type « Indemnité carburant ». Dans la limite de 1 000 €, il n’y a ni charges URSSAF pour l’entreprise, ni impôt pour le salarié.
- Moduler la prime selon la distance, avec un barème en trois zones. Montants donnés à titre d’exemple, à adapter après avoir évalué le surcoût réel :
| Zone | Distance domicile-travail | Prime (exemple) |
|---|---|---|
| Zone 1 | moins de 10 km | 100 € |
| Zone 2 | de 10 à 20 km | 150 € |
| Zone 3 | plus de 20 km | 200 € |
- Préciser le caractère provisoire de la mesure, liée à la hausse exceptionnelle du carburant (par exemple + 20 centimes le litre).
- Demander à chaque salarié une attestation et une copie de sa carte grise. C’est ce qui permet de vérifier la distance et le type de véhicule. La DUE fixe les règles d’attribution, par exemple la prise en charge ou non des véhicules électriques (voir la remarque 3 plus bas).
⚠️ Bon à savoir : pour les salariés qui déclarent leurs frais réels, la prime perçue viendra en diminution de ces frais.
📄 Modèles disponibles : nous avons rassemblé des modèles de DUE et d’attestation salarié.
Ces informations sont données à titre indicatif. Chaque situation étant particulière, rapprochez-vous de votre expert-comptable ou de votre gestionnaire de paie.